Vous avez peut-être envie de raconter et peur de ne pas être compris. Votre proche, de son côté, peut chercher des explications, vouloir vous rassurer ou se souvenir surtout de l’inquiétude qu’il a traversée.
Une conversation peut accueillir ces histoires différentes. Elle commence parfois par une demande très simple, avant toute discussion sur ce qui s’est réellement passé ou sur ce qu’il faudrait en penser.
Dire ce que vous attendez
Avant de raconter, demandez-vous ce que vous souhaitez de cet échange : être écouté, partager une émotion, demander une aide pratique ou réfléchir ensemble. Votre interlocuteur ne peut pas toujours le deviner.
Une formulation possible serait : « J’aimerais te raconter quelque chose qui compte pour moi. Aujourd’hui, j’ai surtout besoin que tu m’écoutes. » Adaptez-la à votre manière de parler. Vous pouvez aussi demander si le moment convient et choisir une conversation courte.
Choisir un espace de confiance
Les conseils d’IANDS pour partager une EMI insistent sur l’écoute et la confidentialité. Il s’agit de repères pour choisir une personne avec qui parler, sans devoir convaincre tout votre entourage. [1]
Vous pouvez préciser ce que vous souhaitez garder entre vous. Commencer par les effets actuels de l’expérience peut être plus accessible qu’un récit complet. Une réaction maladroite n’oblige pas à livrer davantage de détails ; vous pouvez vous arrêter et reprendre ailleurs.
On peut préserver un lien sans partager toutes les explications.
Reconnaître deux histoires autour du même événement
Lorsque l’expérience a accompagné une situation médicale critique, votre proche a peut-être vécu l’attente et la peur pendant que vous traversiez autre chose intérieurement. L’un de ces récits n’efface pas l’autre.
Vous pouvez faire une place à ce qu’il a vécu sans renoncer à raconter votre propre expérience. Cela demande parfois plusieurs échanges, avec des moments séparés pour écouter et pour être écouté. La proximité se construit aussi dans la reconnaissance de ce décalage.
Préserver le lien et vos limites
Partager une même explication n’est pas la seule manière de rester proches. Il est possible de dire : « Nous ne l’interprétons pas de la même façon, mais j’aimerais que tu comprennes l’importance que cela a pour moi. »
Si vous écoutez quelqu’un, préférez une question ouverte à une conclusion immédiate. Demandez ce qu’il aimerait que vous compreniez et respectez son choix de ne pas répondre. Une écoute attentive laisse une personne libre de ses mots, de ses doutes et de ses silences.
POUR ALLER PLUS LOIN
Sources & prolongements
- Parler de son expérience à une personne de confiance (nouvel onglet)
IANDS · repères pour choisir son interlocuteur et préserver sa confidentialité, en anglais.
- Les besoins de soutien après une EMI (nouvel onglet)
Marieta Pehlivanova et ses collègues · enquête sur les besoins et le soutien perçu par les personnes ayant vécu une EMI (PDF, en anglais).
Un texte de réflexion éditoriale : les récits personnels, leurs interprétations et les résultats de recherche gardent chacun leur place.


